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Parcoursup 2026 : le grand déplacement des étudiants français

Une étude inédite sur la géographie des mobilités étudiantes en France

À la veille des premiers résultats Parcoursup du 2 juin, LBA (Les Belles Années), filiale du Groupe Valority et opérateur de résidences étudiantes privées en France, publie une étude exclusive sur cinq ans de mobilité étudiante en France. Chaque année, près de 110 000 nouveaux bacheliers quittent leur académie pour étudier, dessinant l’un des plus grands mouvements de population du pays. Inégalités territoriales, décohabitation imposée, tensions locatives croissantes : derrière les choix d’orientation se révèle une véritable géographie de l’enseignement supérieur français.

Quels pôles attirent les nouveaux étudiants ?

L’élargissement quantitatif de l’offre n’a pas modifié les grands équilibres de la mobilité étudiante. En cinq ans, le nombre de nouveaux bacheliers a progressé de +3,6 % (de 468 170 à 485 250), tandis que le nombre de formations proposées sur Parcoursup augmentait de +12 % (de 12 744 à 14 252 cursus). Pourtant, près de 110 000 nouveaux bacheliers continuent chaque année de quitter leur académie pour étudier, au profit de quelques grands pôles universitaires. En volume, Paris/Île-de-France accueille le plus grand nombre d’étudiants venus d’une autre académie (19 319), devant Lyon (12 803) et Lille (8 383). Mais en proportion, Lyon arrive en tête. En effet, 41 % de ses admis viennent d’une autre académie, contre 26 % à Paris. Plus loin, un deuxième groupe de métropoles se partage un niveau d’attractivité nationale intermédiaire relativement homogène. Toulouse, Nantes, Montpellier, Bordeaux, Rennes, Aix-Marseille et Strasbourg attirent chacune entre 2 500 et 7 500 nouveaux bacheliers mobiles par an. Certains bassins universitaires, sans atteindre les volumes des grands hubs étudiants, exercent néanmoins un rayonnement bien au-delà de leur territoire immédiat. C’est notamment le cas de Limoges (43 % d’admis venus d’une autre académie), Reims (32 %) et Clermont-Ferrand (31 %). À l’inverse, Créteil, Versailles, Nancy-Metz recrutent très majoritairement à l’échelle locale, avec moins de 20 % d’admis venus d’une autre académie.

Les formations dessinent la carte des mobilités étudiantes

La mobilité des étudiants dépend fortement de la filière choisie, et non pas seulement de la ville d’accueil. Les écoles d’ingénieurs restent les formations qui engendrent la mobilité la plus forte. 45 % des admis changent d’académie, contre 43 % dans les écoles de commerce et 28 % en classes préparatoires aux grandes écoles. Le BTS (14 %) et le PASS (13 %) maintiennent les étudiants plus près de chez eux. La Licence génère néanmoins le plus grand nombre de départs étudiants. En 2025, 39 891 admis ont dû quitter leur académie, soit plus d’un tiers des déménagements liés aux études supérieures. Sur cinq ans, la mobilité étudiante recule légèrement dans la plupart des filières. Le mouvement est particulièrement marqué dans les IFSI (−6 points), conséquence directe de la régionalisation des concours infirmiers depuis 2022.

La course contre la montre du logement étudiant

Chaque été, les principaux marchés locatifs étudiants absorbent ainsi en quelques semaines une demande massive. Une pression renforcée par les étudiants en réorientation, en reprise d’études ou en changement de cursus – 175 502 en 2025 – auxquels s’ajoutent les alternants et les jeunes actifs entrant dans la vie professionnelle. Selon la Cour des Comptes, le logement dédié aux étudiants ne couvre que 11 % de leurs besoins de logement. En zone tendue, les candidatures pour un même logement se comptent par centaines. À Paris/Île-de-France, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Lille ou Nantes, la tension se concentre sur 8 à 10 semaines, créant l’un des pics locatifs les plus élevés de l’année. Sur les demandes de locations reçues en 2025, LBA a relevé 18 demandes pour chaque logement loué, soit 105 500 demandes pour 5 815 logements loués. Pour la rentrée 2026, dès fin mai avant les résultats de Parcoursup, LBA enregistre 27 300 demandes de location déjà reçues.
« Les chiffres révèlent une demande structurelle, indépendante des cycles immobiliers : chaque année, environ 110 000 nouveaux étudiants doivent trouver un toit dans une ville qu’ils ne connaissent pas – et ils s’ajoutent à des dizaines de milliers d’autres candidats locataires sur la même fenêtre de juin à octobre. Pour les familles, le calendrier est tendu : entre l’annonce du 2 juin et la rentrée, il faut compter deux mois pour boucler un logement, dans des marchés où les meilleures annonces partent en quelques heures. Notre réseau de résidences étudiantes couvre précisément les villes où atterrit la grande majorité de ces jeunes. » – Morgane BENTATA, directrice de LBA

Méthodologie :
Étude réalisée à partir des données Parcoursup des sessions 2021 à 2025, sur le périmètre des formations hors apprentissage. Les analyses portent sur les admis néobacheliers (485 250 en 2025, sur 660 752 admis Parcoursup au total), seul périmètre pour lequel le ministère publie l’origine académique des étudiants. Les admis non néobacheliers (175 502 en 2025 : réorientations, reprises d’études, hors phase principale) ne sont donc pas intégrés aux analyses de mobilité. La mobilité étudiante désigne les admis néobacheliers issus d’une académie différente de celle de leur formation. Les académies de Paris, Créteil et Versailles sont regroupées (PCV), conformément à la convention ministérielle. Le périmètre Parcoursup exclut l’apprentissage, certaines formations privées hors plateforme et les formations à recrutement direct. La mobilité étudiante réelle est donc supérieure aux chiffres présentés : les 110 000 départs annuels constituent un plancher statistique.

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